Analyse critique du livre de Gounon sur Maria Valtorta - Chapitre 2

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2 - "Quelques certitudes" : analyse critique du 2e chapitre de Gounon contre Maria Valtorta

 

Alors que le chapitre 1 accumulait des "questions" ou des "indices", le chapitre 2 entend établir ce que René Gounon considère comme des faits acquis ("quelques certitudes").

Son objectif est de convaincre le lecteur que, même avant d'examiner le contenu doctrinal de l'œuvre, plusieurs éléments historiques et comportementaux suffisent déjà à rendre très improbable son origine divine.

Nous allons examiner dans le détail la véracité ou non de son raisonnement.

Résumé critique du chapitre 2 : « Quelques certitudes »

Le chapitre s'articule autour de cinq grandes affirmations.

1. L'Église a réellement condamné l'œuvre

C'est le cœur du chapitre.

Gounon rappelle la chronologie :

- En février 1949, le Saint-Office interdit la publication après examen de l'œuvre ;

---> Mais cette interdiction n'a été confirmée par aucun document écrit, et ce sont les mêmes qui contestent la valeur de l'encouragement oral de Pie XII, pourtant certifié sous serment par plusieurs témoins (parmis lesquels le père Cecchin dont la cause de béatification a été ouverte), qui prétendent s'appuyer sur une "interdiction" sans trace écrite, n'ayant aucune valeur canonique :

---> Effectivement, le 15 février 1949 l’œuvre est brusquement stoppée. Le Père Berti est convoqué par deux censeurs, Mgr Giovanni Pepe, en charge de la censure des livres, et le Père Girolamo Berutti. Il n’a pas le droit de parler, seulement de signer la lettre du Saint-Office et de remettre les manuscrits en sa possession. "Ici, ils resteront comme dans une tombe", lâche Mgr Pepe[12]. Le P. Berti ne remit que des copies puisque les originaux étaient aux mains de Maria Valtorta.

Cette procédure choquante est bien sûr en dehors de toutes les procédures canoniques[13]. À part une allusion non datée et non précisée qui confirme que cette rencontre a bien eut lieu, on n’a jamais pu retrouver la moindre trace d’une telle condamnation : ni dans les Actes du Saint Siège, ni dans des documents publics officiels ou officieux, ou même dans des lettres que le Saint-Office aurait dû écrire, selon le droit canon, à l’auteure ou à l’éditeur.

Seuls, l’affidavit du Père Berti et la correspondance de Maria Valtorta échangée à cette occasion, précisent cette altercation. Ces mêmes documents attestent de l’imprimatur verbal de Pie XII, un avis qui prime tout.

Le 10 mars, Maria Valtorta reçoit cette dictée sévère sur ceux qui tentent de s’opposer à l’œuvre et de la détruire : ils n’échapperont pas à un jugement sévère. Elle connaîtra leur nom au genre de mort qu’ils auront et elle les verra dans le lieu où ils expieront[15].

---> (note 13 ) Code de droit canon de 1917, § 1384 et suivants. Les censeurs ne sont pas l’ordinaire (évêque) du lieu de l’auteure ou de l’éditeur (§ 1385, alinéa 2).

D’autre part le Père Berti n’est ni l’auteure, ni l’éditeur :
- Maria Valtorta est l'auteur ;
- l'éditeur n'existe pas encore, puisque le livre n'est pas publié ;
- le Père Berti n'est qu'un intermédiaire.
Or on lui demande :
- de signer un document,
- de remettre les manuscrits,
- sans pouvoir parler.
---> Or on ne peut pas ouvrir contre lui une procédure visant l'œuvre, puisqu'il n'en est pas juridiquement responsable.

---> Enfin aucun écrit de quelques sortes n’est venu officialiser cette interdiction qui va à l’encontre de l’avis du Souverain-Pontife. Elle reste donc une initiative personnelle de Mgr Pepe et du P. Berruti. C’est ce dernier qui rédige sans doute l’article commentant, en 1960, la mise à l’Index : Mgr Pepe a en effet été démis de ses fonctions, en 1952, pour indiscipline grave. Le P. Berruti est incapable de justifier les termes et le contour d’une interdiction antérieure, autre que par des vagues «souvenirs d’il y a environ une dizaine d’années». Cela n’a pas de force canonique.

- Malgré cette interdiction, l'œuvre est publiée en Italie ;

---> Mais cela ne suscite PAS LA MOINDRE REACTION du Saint Office !

Alors :

- Est-ce un problème de mauvaise conscience pour le S.O. ? Sûrement.
- Un désintérêt soudain pour le dossier Valtorta ? Certainement pas, vu avec quelle vitesse ils mettront son oeuvre à l'index, dès que l'occasion s'en présentera.
- Une soumission forcée du S.O. à Pie XII ? C'est la seule hypothèse plausible.

L'Osservatore Romano explique publiquement les raisons de cette condamnation :

- représentation de Jésus et de Marie jugée inadéquate,
- passages irrévérencieux,
- difficultés doctrinales et anachronismes.

---> Ces explications données par le S.O. sont d'une mauvaise foi si achevée, que tous ceux comme Bouflet, Chevallier, Miesel ou encore Gounon lui-même qui ont essayé de les expliciter en ont reçu des réfutations cinglantes et imparables, largement diffusées sur le net, et auxquelles ils sont actuellement incapables de répondre quoi que ce soit.

---> C'est la mise à l'index elle-même qui apporte l'indice le plus éclatant sur l'innocence de l'oeuvre :

- Si le SO avait trouvé ne serait-ce qu'une seule vraie raison doctrinale de condamner l'oeuvre, il se serait rué sur l'occasion de la punir par une mise à l'index doctrinale !

- Au lieu de ça, il dût se contenter d'une mise à l'index DISCIPLINAIRE, ce qui est un criant aveu de la faiblesse de ses accusations visant simplement à discréditer l'oeuvre, mais sans pouvoir être justifiées par quoi que ce soit de tangible.

Gounon poursuit ensuite la chronologie :

- suppression de l'Index en 1966 ;
- rappel du cardinal Ottaviani que la valeur morale des condamnations demeure ;
- lettre du cardinal Ratzinger en 1985 déconseillant toujours la diffusion de l'œuvre ;
- demandes de 1992 et 1993 exigeant que les visions ne soient plus présentées comme surnaturelles ;
- avertissement de la Conférence des évêques de France en 2021.

Sa conclusion est simple :

"L'Église n'a jamais reconnu Maria Valtorta comme une authentique révélation privée."

---> Cependant, aucune condamnation d'ordre moral ne pesait sur l'oeuvre : en effet, si les explications données par le S.O. à propos de sa condamnation de l'EMV avait été fondées, alors la mise à l'index aurait nécessairement été non pas simplement disciplinaire comme ce fut le cas, mais doctrinale.

---> Or ce ne fut pas le cas : les accusations du S.O. à propos de l'oeuvre n'engageaient donc que leur propre subjectivité, sans avoir aucune valeur contraignante.

---> Gounon escamote l'opinion de Benoît XVI, se gardant bien de rapporter comment elle évolua : (lien)

- En 1985, quatre ans après sa nomination, il eut à se prononcer sur Maria Valtorta à la demande d'un religieux du diocèse de Gênes.

- Il répond au cardinal Giuseppe Siri (lien), archevêque du lieu.
Dans cette lettre le cardinal Josef Ratzinger déconseille la diffusion de l'œuvre de Maria Valtorta sur la foi du dossier qu'il découvre. Il la pense malsaine non pas dans l'absolu, mais pour la catégorie des fidèles "les plus vulnérables". On suppose qu'il fait allusion à des lecteurs peu informés qui confondraient l'œuvre de Maria Valtorta avec l'Évangile canonique, thème sur lequel il insistera ultérieurement.

- Cette lettre, qui a fuitée, a largement été reprise par les opposants qui s'y réfèrent pour cautionner la pérennité de la condamnation de l'œuvre, au-delà de l'abolition de l'index, et sa nocivité.

- Ce point de vue peut se justifier au regard de cette seule lettre, hors contexte, mais par la suite le cardinal Josef Ratzinger eut l'occasion de lire lui-même l'œuvre de Maria Valtorta au long d'une année et d'autoriser sa diffusion dans le cadre de la lecture prudentielle prônée par l'Église pour toutes les révélations privées.

Une fameuse lettre de 1988 (lien) indument attribuée à Benoît XVI : Son secrétaire personnel Joseph Clemens, pour répondre à une demande d'une fidèle canadienne voulant connaître l'opinion personnelle du cardinal Ratzinger, lui cita sans grands scrupules un article incendiaire du père Giovanni Caprile du 1er Juillet 1961 ( cahier 2665), paru dans le journal "Civilta Cattolica", pensant pouvoir attribuer cette opinion à son supérieur. Cette erreur fut véhiculée par Yves Chiron ("Le lobby valtortiste" Aletheia n°260 17 juillet 2017).

---> Dans les années 90, Benoît XVI changea de point de vue sur l'oeuvre, abandonnant sa méfiance initiale après l'avoir lue.

Au tout début des années 1990, le cardinal Josef Ratzinger put mieux connaître Maria Valtorta par l’un des périodiques qu’il lisait volontiers : l’Homme Nouveau, dirigé alors par Marcel Clément. L’abbé André Richard y publiait régulièrement des articles sur la mystique italienne. Marcel Clément reçut un jour une lettre du cardinal Ratzinger : il voulait vérifier quelques points sur la théologie du mariage qui lui semblait jansénistes dans Maria Valtorta. Marcel Clément réunit alors la rédaction pour demander de suspendre, dans l’attente de l’examen, tous les articles sur Maria Valtorta, ainsi que la vente qui se faisait dans sa boutique.

Un an après, le Préfet remerciait l’Homme Nouveau pour son obéissance et déclarait que, vérifications faites, rien ne s’opposait à la poursuite des publications et de la diffusion.

Cette correspondance se trouve actuellement (2025) dans les archives de Marcel Clément (les autres exemplaires se trouvent dans celles de la Congrégation), mais deux collaboratrices directes ont témoigné de l’exactitude des faits[11].

---> Régulièrement, devant l'évidence du succès toujours grandissant et irrépressible rencontré par "l'Evangile tel qu'il m'a été révélé" auprès des lecteurs, des rééditions furent réalisées du premier avertissement du S.O., abrogé par la disparition de l'index , jusqu'à la plus récente en 2021.

---> Ces rééditions de l'avertissement se firent sans aucune investigation supplémentaire : cela aurait conduit les évêques à revoir leur jugement à l'égard de l'avertissement de 1948.

Trois choses remarquables :

1 ) Jamais l'Eglise ne prononça solennellement un "constat de non supernaturalité", mais prudemment un simple "non constat de supernaturalité", ce qui est tout différent : elle ne s'engage pas à certifier l'authenticité de l'oeuvre, mais elle ne la condamne pas non plus comme si elle était inauthentique.

2 ) Depuis les années 2010 jusqu'à aujourd'hui, l'avis négatif du S.O. qui se félicitait d'avance d'être prochainement "confirmé par les nombreuses erreurs scientifiques que l'on découvrirait immanquablement dans l'oeuvre", est devenu définitivement obsolète, ridiculisé par les découvertes mettant en évidence exactement l'inverse : la vertigineuse exactitude de l'oeuvre en quelques 20 000 de ses détails vérifiés scientifiquement, ce qui était totalement hors de portée de Maria Valtorta.

3 ) La lettre que François fit parvenir à don Ernesto Zucchini le 24 février 2024 met un terme au débat :

Du Vatican, 24 février 2024

"Cher Don Zucchini,

Merci beaucoup pour votre lettre, envoyée au nom de la Fondation Maria Valtorta, que j’ai reçue avec grand plaisir. Merci également pour le livre et pour vos prières.

Je vous encourage à poursuivre avec autant d’engagement votre mission de faire connaître la vie de Maria Valtorta et son œuvre littéraire, en particulier tout ce qu’elle peut offrir pour le bien de l’Église et de la société. 

                             "En avant !"

Je prie volontiers pour vous tous et je vous demande, s’il vous plaît, de me confier au Seigneur dans vos prières, spécialement pour mon ministère pastoral.

Que Jésus vous bénisse et que la Sainte Vierge vous garde.

Fraternellement,
François "

---> Adieu donc les petites mises en garde vieillotes, et :

                                                         "En avant ! "



2. Une désobéissance constante des promoteurs

Selon Gounon, plusieurs épisodes montrent une désobéissance répétée :

- diffusion de textes malgré les recommandations reçues ;
- publication malgré l'interdiction du Saint-Office ;
- publication malgré le refus d'Imprimatur ;
- poursuite de la présentation de l'œuvre comme inspirée malgré les demandes répétées des autorités ecclésiastiques.

Il rapproche cela de l'exemple de sainte Faustine, dont Jésus insiste constamment sur l'obéissance au directeur spirituel.
 

---> Sauf que si l'on persiste toujours - contre toute évidence - à nier l'avis favorable formulé oralement par Pie XII en 1948, la lettre du pape François à don Zucchini clot définitivement le débat.
Nous répondrons plus en détail à cet objection dans la seconde partie de cette page. 

3. Une désinformation organisée

Gounon reproche ensuite aux défenseurs de Maria Valtorta :

- de parler d'« imprimatur verbal » de Pie XII : parce que la parole d'un pape ne serait pas de cet ordre ? elle ne serait pas plus importante que l'avis d'un René ou d'un Guillaume, peut-être ? En tout cas, même si elle ne voulait pas s'y substituer, cette autorisation de publier l'oeuvre ouvrait largement la porte à la recherche d'un imprimatur, accordé par 3 fois, et bloqué par 3 fois par le S.O. en pure injustice, car il fomentait la perte de l'oeuvre.

- d'insister sur des soutiens supposés de Jean-Paul II, Padre Pio ou Mère Teresa : pourquoi ? il faudrait donc peut-être demander de se taire à des témoins si autorisés ?


- d'omettre les condamnations officielles : mais où sont-elles ? Certains évêques essaient par tous les moyens de freiner les enthousiasmes, mais l'Eglise n'a jamais officiellement condamné Maria Valtorta comme fausse visionnaire.


- de laisser croire que la suppression de l'Index équivaut à une réhabilitation : mais quand y eut-il destitution ? Celle que le Saint Office voulu orchestrer ne laissa aucune trace dans les actes du Saint Siège...

Il considère qu'il s'agit d'une présentation incomplète de la réalité : mais ce qui ne tient pas debout ne mérite pas qu'on s'y attarde.

4. Une agressivité envers les contradicteurs

L'auteur critique ensuite certains conférenciers et promoteurs de Maria Valtorta.

Il leur reproche notamment :

- d'associer les critiques à l'action de Satan ;
- de caricaturer leurs opposants ;
- d'affirmer que personne parmi les critiques n'aurait réellement lu l'œuvre.

Pour lui, une œuvre qui rapprocherait véritablement du Christ devrait produire davantage de paix et de charité chez ses défenseurs.

---> Gounon devrait cesser d'inverser les rôles en se présentant comme la victime de la riposte qu'il a lui-même provoquée. Au lieu de cela, il se drape dans la posture de victime après avoir provoqué le conflit.

Sa technique, qui est celle de tous les détracteurs de son espèce, est bien connue : la psychologue Jennifer Freyd l'a explicité sous le nom acronyme de DARVO
(Deny, Attack, Reverse Victim and Offender)
- nier les faits ;
- attaquer la personne qui répond ;
- inverser les rôles en se présentant comme la victime et l'autre comme le bourreau.

---> Il s'agit d'une stratégie de manipulation courante dans le contexte de violences psychologiques. L'agresseur nie que l'abus ait eu lieu, attaque la victime pour avoir tenté de tenir l'agresseur responsable et prétend qu'il est en réalité la victime dans la situation, inversant ainsi la réalité des rôles.

5. Une expansion commerciale

Enfin, Gounon décrit le développement éditorial de l'œuvre :

- nombreuses éditions : mais comment ne pas répondre à la demande ?


- adaptations pour enfants : sont-ils donc les seuls à être exclus du Royaume de Dieu ?


- ouvrages thématiques : l'oeuvre ne le permet-elle donc pas, et ses richesses spirituelles ne valent-elles donc pas la peine d'être mises en valeur ?


- conférences : n'y en eut-il pas sur Lourdes, après 1866 ? Comment trop parler de ce qui vient du Ciel et qui fait tant de bien ?


- retraites spirituelles : l'Evangile ne nous conduit-il pas à la prière ? L'oeuvre valtortienne ne conduit-elle pas à méditer l'Evangile profondément, ne faudrait-il pas prendre le temps de la méditer ?


- pèlerinages : notamment en Terre Sainte sur les traces du Christ : cela serait-il donc mauvais d'aller mettre ses pas dans ceux du Sauveur ?


- association de promotion : faudrait-il empêcher la conversion d'un grand nombre, revenant à l'église grâce à cette lecture si bénéfique ?

Il s'interroge sur cette multiplication de produits dérivés autour d'une œuvre censée être dictée directement par Jésus : peut-être devrait-il s'interroger tout autant sur les produits dérivés de la Bible, qui permettent aux enfants, aux catéchumènes comme à la multitude des fidèles d'y accéder plus facilement. Pourtant, la Bible ne serait-elle pas la Parole de Dieu ?

---> Gounon devrait se rappeler la parole de Gamaliel adressa au sanhédrin en colère contre l'Eglise naissante (Acte 5, 38-39) :

« Je vous le dis donc : ne vous occupez plus de ces hommes, laissez-les. Si leur projet ou leur œuvre vient des hommes, elle disparaîtra ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez pas les faire disparaître. Ne risquez donc pas de vous trouver en guerre contre Dieu. »



Que penser de ce chapitre ?

1. Il emploie un vocabulaire plus catégorique que celui des textes officiels.

Par exemple, il dit que l'Église « condamne l'œuvre » : or ces interventions n'ont jamais constitué une définition doctrinale déclarant l'œuvre hérétique ou affirmant que Maria Valtorta était une fausse mystique.

2. La question de la désobéissance mérite des nuances

L'auteur insiste beaucoup sur l'obéissance.

Il touche ici un point réel : dans la tradition catholique, l'obéissance est un critère important du discernement des révélations privées.

Cependant, il faut distinguer plusieurs acteurs :

- Maria Valtorta elle-même ;
- ses directeurs spirituels ;
- les éditeurs ;
- les associations de promotion actuelles.

---> Leurs responsabilités ne sont pas identiques.

- Maria Valtorta, personnellement, a toujours accepté les décisions de l'Église et n'a jamais entrepris elle-même de publier son œuvre contre les autorités.
- Comment l'aurait-elle pu, clouée jour et nuit dans son lit de malade ?
- Et que pouvait-elle pour empêcher qu'on prenne ses affaires en mains d'une manière qu'elle désapprouvait ? (cf sa correspondance avec la soeur prieure carmélite Maria Thérésa de saint Joseph )

3. Gounon rappelle qu'il est légitime de demander des preuves solides avant d'attribuer un soutien explicite à un pape ou à un saint.

- Mais précisément, les témoignages solides que le saint padre Pio conseillait positivement de lire l'oeuvre sont nombreux et documentés : Padre Pio et Maria Valtorta - Fondation …

- L'évolution vers une opinion favorable à l'oeuvre de Benoît XVI est elle-aussi datée, et illustrée par des témoignages fiables : Benoît XVI et Maria Valtorta - Wiki Maria Valtorta

- de même pour Mgr Roschini : Père Gabriel M. Roschini et Maria Valtorta - …

- de même pour le bienheureux père Gabriele Allegra : Bienheureux Gabriele M. Allegra et Maria …

- De même pour Mgr Alfonso Carinci : Mgr Alfonso Carinci et Maria Valtorta - Wiki …

De même pour mère Térésa : Mère Teresa de Calcutta et Maria Valtorta - Wiki …

Etc.

---> Rejeter systématiquement toutes ces sources pour la seule raison qu'elles nuisent à l'opinion défavorable des détracteurs n'est pas faire preuve d'objectivité, mais d'obscurantisme.

4. Les généralisations sont parfois excessives

L'auteur parle souvent de « les défenseurs de Maria Valtorta » comme s'ils formaient un groupe homogène.

Or, il existe des profils très différents :

- certains présentent effectivement l'œuvre avec un enthousiasme peu nuancé ;
- d'autres rappellent explicitement qu'il s'agit d'une révélation privée non reconnue ;
- certains insistent sur le fait qu'elle ne doit jamais remplacer les Évangiles.

---> Le risque est donc de généraliser à partir de certains comportements.

5. L'argument commercial est très peu convaincant

Qu'une œuvre donne lieu à :
- des éditions,
- des conférences,
- des adaptations,
- des retraites,
ne dit rien, en soi, de son origine.

On pourrait faire des observations similaires à propos des écrits de nombreux saints (sainte Thérèse de Lisieux, sainte Faustine, saint Padre Pio, etc.), sans que cela constitue un argument contre leur authenticité.

Le problème ne serait pas l'existence de ces activités, mais un éventuel usage abusif ou trompeur de l'œuvre : or on peut également faire un usage abusif et trompeur de la Bible.



Appréciation d'ensemble

Ce deuxième chapitre tente de traiter des faits historiques : il rappelle les décisions prises par les autorités ecclésiastiques et met en garde contre certaines présentations trop simplifiées de la position de l'Église.

En revanche, lorsqu'il passe de ces faits à des conclusions générales sur l'origine divine de l'œuvre, son argumentation devient discutable. Des éléments comme le comportement de certains promoteurs, l'existence d'activités éditoriales ou des témoignages excessifs ne permettent pas, à eux seuls, de conclure sur l'authenticité ou la fausseté des visions de Maria Valtorta.

En définitive, ce chapitre invite à la prudence, mais il ne constitue pas une réfutation du contenu de l'œuvre, et se révèle extrêmement partial. Comme pour le premier chapitre, la qualité de la démonstration dépendra des analyses doctrinales, exégétiques et factuelles que René Gounon tentera de développer dans les chapitres suivants.

C'est sur ces analyses concrètes qu'il sera possible de juger si ses conclusions sont effectivement fondées : or nous verrons que non.

 

 

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