Dans la suite de son "indécence n°1", Alexis Maillard extrapole sur la complaisance de Dieu et la pré existence de Marie.
Vaccari, Pepe, don Chevallier et Alexis Maillard ne comprennent pas le passage de Proverbes 8,22-30 qu'ils pensent "hérétique" quand Maria Valtorta l'explique
Proverbes 8,22-30 a écrit:"Avant les siècles j’ai été formée, dès le commencement, avant l’apparition de la terre. Quand les abîmes n’existaient pas encore, je fus enfantée, quand n’étaient pas les sources jaillissantes. Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée, avant que le Seigneur n’ait fait la terre et l’espace, les éléments primitifs du monde. Quand il établissait les cieux, j’étais là, quand il traçait l’horizon à la surface de l’abîme, qu’il amassait les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l’abîme, quand il imposait à la mer ses limites, si bien que les eaux ne peuvent enfreindre son ordre, quand il établissait les fondements de la terre. Et moi, je grandissais à ses côtés. Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment,...
C'est l'Eglise qui a attribué ces paroles à la Vierge Marie. C'était même explicitement attribué, dans la liturgie, à l'Immaculée conception de Marie. Et le texte met en exergue cette existence dans la pensée de Dieu de toute éternité.
https://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2001/Proverbes8.jpg
Le Bienheureux Dom Prosper Guéranger, dont la compétence liturgique est reconnue, l'explicitait fort bien :
Dom Prosper Guéranger a écrit:Comme Dieu, il (Jésus) est engendré de toute éternité au sein de son Pète ; comme homme, il était dans la pensée de Dieu le type de toutes les créatures, avant qu’elles fussent sorties du néant. Mais le Fils de Dieu, pour être un homme de notre filiation, ainsi que l’exigeait le décret divin, devait naître dans le temps, et naître d’une Mère. Cette Mère a donc été présente éternellement à la pensée de Dieu comme le moyen par lequel le Verbe prendrait la nature humaine ; le Fils et la Mère sont donc unis dans le même plan de l’Incarnation ; Marie était donc présente comme Jésus dans le décret divin, avant que la création sortît du néant. Voilà pourquoi, dès les premiers siècles du christianisme, la sainte Église a reconnu la voix de la Mère unie à celle du Fils dans ce sublime passage du livre sacré, et a voulu qu’on le lût dans l’assemblée des fidèles, ainsi que les autres passages analogues de l’Écriture, aux solennités de la Mère de Dieu.
https://www.maria-valtorta.org/Azarias/Azarias43-Gueranger.htm#Liturgie
Lire ce texte expliquera aussi, la profondeur théologique de l'affirmation de Maria Valtorta qui a tant choquée nos censeurs : Marie est la seconde-née du Père.
Tout est dit et merveilleusement dit.
L'examen des pièces du "dossier du Vatican" est riche d'heureuses surprises. On y trouve confirmation que Pie XII a bien lu l'oeuvre avec un œil favorable, que le St Office était au courant, que Pie XII s'est opposé à la condamnation publique que voulait faire le St Office. Etc.
On identifie tout le dessous des cartes qui manquait au dossier tel que nous le connaissons. Merci à Alexis Maillard ... pour cela.
Le travail de dépouillement se poursuit, mais en attendant voici "les bonnes pages".
Mgr G. Pepe, p. 38 a écrit:"Maria Valtorta se montre enthousiaste à propos de l'apparition de Tre Fontane. Dans son journal du 10 juin 1947 (pièce n° 32 déjà cité) elle écrit : « L'apparition de Tre Fontane n'est pas sans rapport avec l'Œuvre » à paraître. Même les disciples de Dain Cohenel (Dolindo Ruotolo) disent à Naples que le livre que la statue de la Vierge de Tre Fontane tient dans sa main est le Commentaire sur la Bible de Dain Cohenel, mis à l'Index ! La Bible que lit Valtorta pourrait-elle être l'œuvre volumineuse du célèbre prêtre napolitain ? Qui se ressemblent, s’assemblent !) "
Il y voit donc la collusion "démoniaque".
Qu'en est-il des apparitions de Tre Fontane que G. Pepe n'aime pas ? Aujourd'hui, Tre Fontane est un lieu de pèlerinage où les fidèles peuvent prier et rendre hommage à Notre-Dame de la Révélation. L'autorisation du culte indique que l'Église considère que la dévotion à cet endroit est compatible avec la foi catholique, même sans se prononcer définitivement sur l'authenticité des apparitions.
Qu'en est-il de ce mystérieux Dolindo Ruotolo ? Il fut effectivement mis à l'Index en 1940 (G. Pepe était en fonction) et aujourd'hui sa cause en béatification ... a été introduite (Un de plus !). L'histoire de MV en est pavé.
La famille missionnaire de Notre-Dame qui soutient sa cause, rapporte cette phrase habituelle de Padre Pio : « Pourquoi venez-vous jusqu’ici ? Vous avez un grand saint à Naples, Dolindo, allez à lui ! »
Mais le plus intéressant est dans la raison de la mise à l'Index : La commission biblique pontificale (PCB) en parle (site Vatican). Le Père Dolindo (qui recevait des communications du Ciel) avait édité des commentaires de la Bible en 13 volumes où il s'attaquait de façon virulente à "l'étude scientifique des Saintes Écritures : l'examen philologique, historique, archéologique, etc. de la Bible ne sont rien d'autre que du rationalisme, du naturalisme, du modernisme, du scepticisme, de l'athéisme, etc." Et la PCB conclut : "(l')approche (de Ruotolo), en revanche, préfigure celle de l'encyclique biblique de Pie XII Divino Afflante Spiritu (1943) , qui suit la lettre deux ans plus tard.
Le don de prophétie "qu'il ne faut pas mépriser" dit l'Eglise, a encore eu raison des obstacles. Mais G. Pepe a eu sa part de raison : "qui se ressemble, s'assemble". En effet, il ne reste plus qu'à trouver dans la vie de ce "Serviteur de Dieu", mort en 1970, un écrit de recommandation de l'oeuvre de Maria Valtorta et il rejoindra la "cohorte de sainteté" déjà bien fournie.
Dans le dédain affiché de Mgr G. Pepe pour les apparitions de Tre Fontane, il y a le rapport de cette apparition avec Luigia Sinapi et Pie XII. Ces apparitions que la voyante avait prophétisées 10 ans à l'avance comme l'accession au pontificat du cardinal Pacelli, avaient tissés des liens personnels qui irritaient le St-Office qui ne pouvaient les contrôler.
Mais on constate, dans le dossier Maria Valtorta, une longue chaîne de condamnations du Saint-Office démenties par la suite.
Le cas de Dolindo Ruotolo en est un. Il y a aussi Padre Pio, Soeur Faustine, Luigia Sinapi, Antonio Fogazzaro, Antonio Rosmini , Yvonne Aimée de Malestroit, ...
Cela illustre bien le manque de pertinence fiable du jugement du Saint-Office. C'est ce qui ressort de ce "dessous des cartes" dévoilé par le "dossier du Vatican" d'Alexis Maillard.
Le tort des censeurs et de leurs adeptes est de prendre pour paroles infaillibles des visées bien humaines. C'est éclatant dans le rapport de G. Pepe qui se targue d'une osmose avec Pie XII mais que les faits qu'il rapporte démentent (ce sera développé plus tard). On sait ce qu'il advint en 1952 de cette supposée osmose.
Cette attitude des censeurs qui prennent leur désir pour des réalités peut nous être retournée. Ce n'est pas toujours faux. Mais nous avons un garde-fou que les censeurs n'ont pas : nous exposons le pour ... et le contre. Continuons à le faire car la vérité n'a rien à craindre de la vérité.
Ce dossier, fort opportunément diffusé, complète le panorama de cette période révolue.
- Dans les faits marquants, au point où j'en suis, je retiens le document d'Alberto Vaccari, fondement de l'argumentaire du Saint-Office, qui avoue avoir survolé son analyse dans un jugement préconçu, étayé par des éléments hors-sol.
- Le fait que contrairement à la proposition du Saint-Office, Pie XII a refusé la condamnation officielle de l'oeuvre. Ce qui dans le contexte des autres témoignages et de la suite des évènements, ne laisse pas de doute sur son soutien que le Saint-Office n'ignorait pas.