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Leçons sur l'Epître de Saint Paul aux Romains
Leçon n° 23.
Commentaires de Romains 7,14-23
Le Doux Hôte me dit: (...)
Pour bien comprendre les paroles de Paul, il faut considérer attentivement le Péché originel[1].
Cette leçon a été donnée bien des fois, mais jamais trop de fois, car la réalité douloureuse du péché originel et de ses conséquences sont souvent niées ou remises en doute par beaucoup, par trop de gens. Parmi eux, il y en a qui devraient être bien plus convaincus que les autres de la réalité du péché originel et de ses conséquences. En effet, leurs études, et surtout les expériences de leur ministère, leur fournissent continuellement des preuves tangibles de la décadence de l'homme, qui de créature parfaite qu'il était, à cause du péché originel s'est transformé en créature faible et imparfaite exposée aux assauts de Satan et aux dangers extérieurs et intérieurs. L'homme est une merveilleuse œuvre de la création que l'Ennemi de Dieu a troublée par jalousie.
Certains diront : "Leçon cent fois répétée, donc inutile". Elle est toujours utile puisque, au moment du besoin, vous ne la savez jamais assez, ni pour vous-mêmes, ni pour les autres.
Satan est excessivement intéressé à ce que vous ne sachiez pas cette leçon. Alors, il obscurcit en vous l'exacte connaissance de cet épisode. C'est pourtant un épisode qui ne s'est pas terminé le jour de son accomplissement, et dont les conséquences ne se sont pas arrêtées aux personnes qui l'ont accompli. De même que tous les hommes ont hérité la vie (l'existence) à partir du sang et de la semence d'Adam et Ève, de même, ce funeste héritage s'est propagé et se propage de génération en génération, depuis Adam, premier géniteur, jusqu'au dernier humain qui va être engendré. Car le dernier homme qui naîtra sur Terre sera encore de la descendance de vos Premiers Parents.
L'affirmation de Paul représente le regret exprimé par tous ceux qui, malgré leur volonté vraiment bonne, constatent qu'ils sont incapables de réaliser le bien avec la perfection voulue. Pour bien comprendre cet aveu, il faut regarder les conséquences de la première Faute, et donc la première Faute elle aussi, afin de ne pas trouver injustes la condamnation et ses conséquences.
(...) (...) (....) (...) (...) (....) (...) (...) (....)
Nus ! Dépouillés moins des vêtements corporels que des dons de Dieu. Pauvres! Pauvres pour avoir voulu être comme Dieu. Morts! Morts pour avoir eu peur de disparaître avec leur espèce s'ils n'avaient pas pris l'initiative d'agir directement.
Le premier acte contre l'amour a été commis par l'orgueil, la désobéissance, la méfiance, le doute, la rébellion et la concupiscence spirituelle. En dernier, il a été achevé par la concupiscence de la chair. J'ai bien dit : en dernier. Plusieurs pensent le contraire: que l'acte de concupiscence de la chair ait été le premier. Non. Dieu est ordre en toutes choses.
Même dans ses rapports avec la loi divine, l'homme a péché premièrement contre Dieu. Il a voulu être semblable à Dieu. Il a voulu être "dieu" dans la connaissance du Bien et du Mal. Il a voulu une liberté d'agir absolue, donc illicite. Il a voulu la liberté d'agir selon son bon vouloir et plaisir, contre tout conseil ou prescription divine. Deuxièmement, il a péché contre l'amour. Il s'est aimé de façon abusive, en niant à Dieu l'amour révérenciel qui lui revient, en mettant son propre moi à la place de Dieu, et en témoignant de la haine pour son prochain à venir: à sa propre race il a transmis l'héritage de la faute et de la condamnation. En dernier lieu, il a péché contre sa dignité de créature royale, créature qui avait reçu le don de la parfaite maîtrise sur ses propres sens.
Le péché de la chair ne pouvait pas avoir lieu tant que l'état de Grâce et les autres états conséquents étaient encore présents et actifs. Tant que persistait l'innocence, et donc la domination de la raison sur les sens, la tentation sensuelle aurait pu survenir, mais l'homme n'aurait pas consommé la faute sensuelle.