Réponse à Véronique Belen

"Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez."

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1. Sur le ton et la méthode

---> Ce texte part d’un présupposé radicalement négatif : Maria Valtorta serait inspirée par le démon. Cette thèse est affirmée sans nuance et fonctionne comme un filtre d’interprétation : tout ce qui vient de Valtorta est, par principe, suspect ou faux.
 

---> Un tel a priori rend le débat difficile, car il ferme la porte à tout discernement positif ou même neutre.

 

---> Par contraste, l’Église, même prudente, n’a jamais condamné Maria Valtorta comme une œuvre diabolique. Elle a simplement demandé à ne pas considérer L’Évangile tel qu’il m’a été révélé comme un écrit canonique. Cela laisse la liberté aux fidèles d’y trouver une nourriture spirituelle, ce que beaucoup de saints prêtres, religieux et laïcs ont reconnu.

 

2. L’argument sur la méthode “Jésus a dit…”

---> Il est vrai qu’un lecteur peu averti pourrait confondre une “révélation privée” avec les Évangiles canoniques. Mais les défenseurs sérieux de Maria Valtorta, comme François-Michel Debroise ou d’autres, rappellent régulièrement que ces écrits ne remplacent pas l’Écriture mais visent à en éclairer la compréhension.


---> Il ne s’agit pas d’un “cinquième évangile” mais d’une méditation mystique, une anamnèse des Evangiles transmise par une âme privilégiée. 

 

---> On retrouve d’ailleurs la même chose chez d’autres mystiques comme sainte Brigitte de Suède, sainte Hildegarde, ou encore Anne-Catherine Emmerich.

 

3. La comparaison avec les tentations du diable

---> L’auteur du blog assimile l’usage de citations de Valtorta à la méthode du diable qui manipule l’Écriture. C’est un procédé rhétorique très dur : il met implicitement les lecteurs de Valtorta du côté de ceux qui se laissent séduire par Satan. 

---> Cela manque de charité et relève plus du procès d’intention que d’un discernement théologique.

 

4. Le rôle du père Auzenet (exorciste)
 

---> Que le père Auzenet ait été exorciste et homme intègre ne fait pas de son opinion un dogme. Beaucoup de saints exorcistes ou grands théologiens ont eu des avis divergents sur les révélations privées. L’Église ne tranche pas en absolu, sauf quand une œuvre contient des erreurs doctrinales manifestes — ce qui n’est pas le cas reconnu pour Maria Valtorta.

 

5. Sur Marie Madeleine et Marie de Béthanie
 

---> C’est ici le cœur de l’argument de Véronique Belen :

Elle considère la non-différenciation entre Marie de Magdala, la pécheresse pardonnée, et Marie de Béthanie comme un signe de non-authenticité.

---> Elle appuie sa position sur la réforme liturgique de Paul VI (1969), qui a clarifié que Marie Madeleine devait être fêtée comme disciple et non comme “pénitente”.

Mais il faut noter :

---> Pendant quinze siècles, l’Église latine a suivi l’interprétation de saint Grégoire le Grand, qui unifiait les trois figures (pécheresse, Marie de Magdala, Marie de Béthanie). 

---> Cette interprétation est donc une tradition interprétative vénérable, et non une "erreur grossière".

---> Même après 1969, l’Église n’a pas interdit de croire ou de méditer l’unité des trois femmes : elle a seulement ajusté la liturgie.

---> Or, Maria Valtorta s’inscrit dans cette tradition séculaire, qu’on retrouve aussi dans la mystique et l’art chrétien.

---> Donc dire que cette unification est un “critère de non-authenticité” est un jugement personnel, mais certainement pas une norme universelle de discernement.   CF "Marie Madeleine Apôtre des apôtres" 

 

6. Le reproche de misogynie

---> L’auteure du blog va jusqu’à affirmer que la fusion des figures féminines traduit une vision misogyne, obsédée par la femme pécheresse. Or, chez Maria Valtorta, Marie Madeleine est au contraire une figure profondément aimée, mise en valeur, et dont la transformation devient un témoignage puissant de la Miséricorde divine.


---> Il n’y a pas de mépris de la femme chez Valtorta, mais une grande dignité donnée à toutes : Marie, Marthe, Madeleine, Élise, etc.

---> Cette argument de la mysoginie révèle plutôt le côté féministe de l'auteur du blog, c'est-à-dire cette tendance à surréagir, souvent de façon irrationnelle, dès qu'il s'agit de "la femme". 

VB discerne une volonté de rabaisser la femme au rang de prostituée convertie, dans cette unification des trois figures de Marie ? Ce raisonnement est particulièrement faux :

 

---> En effet, si la Vierge Marie est bien le parfait Modèle, l'archétype même de la femme, Celle à qui se réfèrent toutes les autres en espérant lui ressembler de près ou de loin, il n'en est pas du tout de même de sainte Marie Magdeleine, qui est une femme parmi d'autres femmes disciples, même si son histoire, son caractère, sa vertu ont effectivement quelque-chose d'absolument exceptionnel, et digne d'une éternelle mémoire ( Matthieu 26,13 ). 

---> Chacun peut avoir plus d'affinité avec tel ou tel saint, sans pour autant faire de l'itinéraire de celui-ci la seule et unique voie pour suivre le Christ ! ainsi en va-t-il de l'exemple de sainte Marie-Magdeleine, très différent de celui, universel celui-là à titre d'exemplarité, de la très sainte Vierge Marie.

---> Mais si VB tempête à ce point contre le fait de voir en Marie Magdeleine cette courtisane dont le Christ expulsa sept démons, qui vint se repentir avec larmes à ses pieds, qui l'écouta si amoureusement à Béthanie dans la maison de Lazare son frère, et qui fut là au pied de la Croix, si elle y voit une "offense à la gente féminine", que ne dira-t-elle pas en lisant la vie de sainte Marie l'Egyptienne, une prostituée notoire qui vint à Jérusalem, et qui se convertit lors de sa visite au Tombeau du Christ, passant ensuite le reste de sa vie dans la pénitence, cachée au désert ? Ou encore celle des nombreuses autre femmes, ex prostituées devenues saintes catholiques ? 

 

---> La réaction de VB frise donc ici l'absurde le plus complet, et nous en apprend finalement beaucoup sur son compte à elle, sans que cela n'apporte quoi que ce soit à un débat intelligent concernant l'EMV. 

 

Pour conclure : 

L’analyse de Véronique Belen est cohérente avec une "position critique très ferme", mais elle repose sur :

---> des présupposés négatifs ( c'est diabolique, donc faux)

---> un rejet de la tradition latine ancienne sur Marie Madeleine, que les récentes dispositions de Paul VI concernant la fête de sainte Marie Magdeleine ne justifient aucunement, 

---> une assimilation très discutable entre l’usage spirituel de citations de Maria Valtorta - tout spécialement ce que dit Jésus dans l'oeuvre - avec la manipulation diabolique pour tordre la Parole de Dieu, lors de la tentation du Christ au désert, dans l'Evangile.

 

Face à cela, on peut répondre sereinement :

---> L’Église n’a pas condamné Valtorta comme diabolique.

---> L’unification Madeleine/Béthanie est une option traditionnelle, pas une erreur “pathologique”.

---> Les écrits de Valtorta édifient spirituellement de nombreux fidèles, ce qui est un fruit positif à ne pas négliger dans un discernement.

 

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